vendredi 24 mai 2013

Café Roummana

Ci-dessous un extrait du livre "au café" de Mohamed dib et commentaire.
La scène se passe dans un café nommé roummana à tlemcen.
"Il était tard ; je me demandais si je ne devais pas m'en aller de ce café bruyant, sombre. Seul devant une table, je regardais autour de moi les groupes qui bavardaient et fumaient sans relâche. Au fond d'une atmosphère obscurcie, les joueurs battaient leurs dominos avec des claquements de fouet qui, à la longue, portaient sur les nerfs ".

mercredi 22 mai 2013

L'ASPEWIT s'inquiète pour le milieu urbain Tlemcenien


Dans une lettre adressée à notre journal, le président de l'Aspewit, M. Morsli Bouayed, dresse un état des lieux déplorable du tissu patrimonial et architectural au niveau du chef-lieu alors que 2013 est consacrée année de l'environnement. "Plusieurs édifices et espaces publics sont restés dans un état lamentable, à l'exemple de la Casbah de Bab Zir, l'hôtel Moghreb, la mosquée d'Ouled Sidi El Imma, la banque Badr, le bâtiment Cnep", constate cet écologiste. Il signale dans ce sillage que "la Casbah de Bab Zir est devenue une décharge publique à ciel ouvert, (déclinant) un paysage chaotique avec des maisons lézardées par le temps". Et de se demander :"où est passé le projet de restauration de la vieille médina ?Est-ce que vraiment Tlemcen était capitale culturelle islamique en 2011 ?" Quant à la mosquée précitée et sa medersa où enseignèrent les deux illustres érudits originaires de Ténès, invités par le roi zianide pour faire prospérer la culture au 14ème siècle, son périmètre offre un spectacle désolant du fait des gravats et décombres abandonnés
par l'équipe de manœuvres chargée de la restauration du monument, et qui bloquent l'accès au derb éponyme, rapporte ce militant «vert». L'état d'abandon de certains projets(en souffrance) en matière de bâti ne laisse pas indifférent le président de l'Aspewit. A commencer par «l'hôtel du Moghreb situé en plein centre-ville, cible d'une explosion dans les années 90, qui a subi quelques retouches avant d'être livré à son sort, c'est-à-dire barricadé par des plaques de zinc au vu et au su des pouvoirs publics». La banque Badr ne serait pas mieux lotie, si l'on en croit ce défenseur de l'environnement, puisque elle aussi «délaissée depuis une vingtaine d'années, quand bien même plusieurs directeurs s'y sont succédés et personne n'a trouvé de solution au dépotoir en face de la radio locale, qui a pignon sur le boulevard Larbi Ben Mhidi, alors que la chambre des offres est devenue l'urinoir attitré de la cité des 325 logts». Sans oublier le bâtiment Cnep(conçu par le bureau d'étude Bect), situé en face du café de la paix(Kiffane) «abandonné suite à un litige qui perdure, est devenu un lieu de débauche ouvert sans aucun grillage, où s'était produit un suicide au mois de ramadan dernier, outre que l'espace fait office de dépotoir d'où se dégagent des odeurs nauséabondes en plein milieu urbain», conclut sur cette note M. Morsli Bouayed. Il faut savoir que la question des constructions inachevées, qui constitue un problème pour l'Etat et pour les citoyens, est (pourtant) régie par la loi n°08-15 du 20 juillet 2008 du code de l'urbanisme.
par Allal Bekkaï 
(article extrait du quotidien d'oran le 22/05/2013)

samedi 18 mai 2013

Ambassade de Tlemcen à Oran

- Porte de Tlemcen située à Oran:
La Carte Postale ci-dessus numérotée "188" et intitulée "Oran- La Porte de Tlemcen", avait été éditée par "Louis Levy" (L.L). Ce dernier est le détenteur des "cartes postales ND Phot.".
- / : Témoignage:
. Marlène se remémore le bar que tenait son père sur la rue de Tlemcen à Oran à coté du Cinéma "Le REX".
. Hugo Lucien avait un appartement sur la rue de Tlemcen à Oran.

vendredi 17 mai 2013

Ambassade de Tlemcen à Paris

Au sein des nombreux arrondissements de Paris, une rue dans le quartier de "Père-Lachaise retient notre attention: La Rue de Tlemcen:
La rue de Tlemcen est une voie publique située dans le 20 arrondissement de Paris. Elle débute au 76 boulevard de Ménilmontant et se termine au 61 rue des Amandiers. Cette rue qui porte le nom de ma ville depuis 1869, et qui se trouve à proximité du jardin des Amandiers, est large de 10 m et longue de 281 mètres.
Elle portrait le nom de rue Mogador de 1840 à 1869 avant de porter le nom de Rue de Tlemcen jusqu'à nos jours.
Je rappelle que non loin de là et plus précisément au 13; se trouve la rue Auguste-Métivier qui de 1877 à 1910 s’appelât "Passage de Tlemcen" après avoir porté jusqu’à 1877 le nom de "Passage Petit".

Tlmecen:"Perle du Moghreb", "La Grenade Africaine"...et que sais-je encore

les titres les plus flatteurs n'ont pas manqué à cette ville remarquable par son histoire.
Les poètes, depuis des siècles, l'on chantée :
"Le paradis de l'éternité, ô tlemcéniens, ne se trouve que dans votre patrie et s'il m'était donné de choisir, je n'en voudrais d'autre que Tlemcen" (Ibn Khefadja de Cordoue).
Riche d'un passé sous les Romains, les Arabes et les Turcs, elle fut capitale intellectuelle, religieuse, carrefour entre l'Orient et l'Europe.
Elle eut pour nom Pomaria (les vergers) Agadir (le rempart) Tagrart (le camp) avant d'être Tlemcen (les sources).
Mais parlons de son histoire à l'époque de l'arrivée des français en Algérie.
Turcs et Coulouglis se combattent quand Abd el Kader s'empare de la ville en 1833.
Une colonne expéditionnaire française entre à Tlemcen en 1836, mais un mois plus tard CAVAIGNAC et 500 hommes sont assiégés dans le Méchouar jusqu'au Traité de Tafna.
Il faudra attendre 1842 pour que BUGEAUD y installe pour plus d'un siècle la présence française
Les militaires administrent cette ville, devenue subdivision, avec, à sa tête, des généraux célèbres comme CAVAIGNAC, MACMAHON et CHANZY
Puis les civils prennent le relais. Le 17 Juin 1854 un décret impérial érige Tlemcen en commune de plein exercice. La ville européenne va s'organiser grâce au géomètre DEVRET, non pas à l'écart de la ville maure, mais en son cœur, favorisant ainsi les relations entre indigènes, israélites et chrétiens
Les religions du livre occupent en effet une grande place dans l'histoire de la ville.
Dès 1855 on construit la belle et grande Eglise Saint-Michel sur un terrain vague, à l'intérieur des remparts, et on verra s'élever plus tard, à proximité, le Palais de Justice, le Temple Protestant, la Poste, la Banque de l'Algérie, le Collège de Slane et la Maison du Colon qui voyait affluer, le lundi, les agriculteurs des villages environnants.
En 1857 on comptait trente trois minarets dont celui de la Mosquée d'El Eubad renfermant le tombeau de Sidi .
Les israélites fréquentaient plusieurs synagogues dont la Grande et récente ainsi que le Tombeau du RAB ALN?KAOUA, rabbin andalou venu à Tlemcen et vénéré comme un saint. Les grandes figures du catholicisme furent le chanoine Brevet, curé durant 53 ans, géologue à ses heures, pourvoyeur du musée et le chanoine FABREGUETTES, curé pendant un quart de siècle.
Au fil des ans, sous l'impulsion des Municipalités Valleur et Blanc, avec l'esprit d'entreprise de ses habitants, Tlemcen s'élargit au delà des remparts ;
Des faubourgs surgissent : El Kaala, Sidi-Chaker, la Pépinière, Bel Air, Pasteur
De belles allées : celles des Pins, des Marronniers, des Muriers y conduisent et au pied du Djebel Sakarathaine, nichées dans une luxuriante végétation, on découvre les Villa Rivaud et Villa Marguerite où touristes et convalescents viennent chercher le calme et la fraîcheur.
L'implantation militaire en avait fait une ville de garnison avec trois régiments avant la guerre de 39 : tirailleurs, artilleurs, spahis occupaient le Méchouar, la Caserne Bédaud et la Quartier d'Isly.
Tlemcen, l'intellectuelle, fera une grande place à la culture : n'a-t-elle pas déjà en 1850 une troupe théâtrale ! L'abbé BARGES, les frères MARCAIS, Alfred BEL, André LECOCQ en sont les historiens avec "Les Amis du Vieux Tlemcen" animés par Pierre CARDONNE, Directeur des associations agricoles et Président de l'Aéro Club et Emile JANIER, directeur de la Medersa.
Elle a ses hebdomadaires : "L'Avenir de Tlemcen", "Le Petit Tlemcénien", "L'Ouest Oranais".
Et la musique andalouse resurgit du passé avec les mélopées de l'orchestre du Cheik LARBI.
L'inauguration d'un grand stade, en 1937, témoignait de l'intérêt porté au sport avec des équipes comme celles de l'U.S.F.A.T., de LA FRATERNELLE ou de l'A.S.P.T.T. Tlemcen était aussi la commerçante. Autrefois Génois, Vénitiens et Catalans y venaient acheter peaux tannées, laines filées, bijoux. Ses magasins, ses boutiques, ses cafés s'étalaient autour de la Place d'Alger et de la Mairie, dans la Rue de France qui rejoignait l'esplanade du Mechouar. On s'y retrouvait le dimanche pour y "faire le boulevard", admirer l'artisanat de la Maison Ben Slimane et prendre l'apéritif ou déguster brochettes et rate farcie. Cette ville avait son charme : les touristes s'y plaisaient et venaient chercher, dans ce climat sec, la fraîcheur incomparable sous ses grands arbres ou au Jardin de la Pépinière. Juchés sur des calèches, ils visitaient les cascades d'El Ourit et la Tour de Mansourah. Leurs pas les conduisaient aux Koubbas funéraires dont celui de la Sultane ou bien au Bois sacré de Sidi Yacoub, avant d'emprunter le chemin touristique pour admirer du Plateau de Lalla Setti cette ville blottie dans la verdure de ses arbres, annonçant la plaine jusqu'à Raschgoun, avec ses oliviers bien alignés et son Col du Juif ouvrant la voie vers le Maroc. Tlemcen-Les Sources avait son Meffrouch qui alimentait cette végétation. C'était un "Paradis terrestre" un "Jardin d'Eden" comme l'avait surnommée le poète Cl.-M. ROBERT qui écrivait
"Tlemcen est toujours belle et mon cœur toujours jeune
Ici je suis heureux et n'aspire à plus rien
Ici j'aurai toujours vingt ans..."


Louis ABADIE 

mardi 30 avril 2013

La 1ère Mosquée d'Algérie, La Grande Mosquée d'Agadir (Tlemcen)

 Discrètement, de fidèles et cultivés adeptes se rendent au chevet de ce que fut la première mosquée en Algérie, et même au Maghreb, tous les 9 décembre et tous les 19 juin, pour commémorer à leur manière la fondation de la mosquée d’Agadir - Tlemcen par Idriss 1er, du 9 décembre 789 au 19 juin 790.
Cette Grande Mosquée d'Agadir, fondée donc en 790 H / 1387 J.-C. par Idris Ier, n'a su traverser les siècles que par son imposant minaret et quelques traces de murs, mis au jour lors de fouilles archéologiques effectuées par S.Dahmani et A.Khelifa entre 1973 et 1974et qu'on peut voir en longeant la route construite curieusement dans le but de séparer le Minaret et la plate-forme de ce que fut la Grande Mosquée du Maghreb Central.
Voici ce que révèle un furtif regard:
En ce qui concerne le Minaret, sa construction est attribuée à Yaghmoracen.
La fréquentation de la Mosquée d'Agadir diminua au fur et à mesure que la ville se déplaçait vers l'ouest ou la ville de Tagrart (noyau de l'actuel Tlemcen) de développa, fondée par les Almoravides. Agadir devint ainsi une banlieue de Tlemcen, après en avoir été le centre
Isolé au milieu des jardins et habitations, Le Minaret tente de percer les cieux dans l'espoir de revivre une seconde jeunesse, perdue hélas:




















La Carte Postale ci-dessus à gauche numérotée "70" et intitulée "Minaret d'Agadir", avait été éditée par "Louis Levy" (L.L). Ce dernier est le détenteur des "cartes postales ND Phot."

De forme quadrangulaire, haut de 26,60 m, il est composé d'un soubassement constitué de pierres – un remploi romain – jusqu'à une hauteur de 6 mètres. Au-dessus se dresse une tour en briques dont les quatre façades se voient rythmées de faibles défoncements garnis d'arcatures et de réseaux. On y distingue les petites ouvertures destinées à éclairer l'escalier permettant d'accéder au sommet. 
Sur la plate-forme d'où le Mouezine lançait l'appel à la prière, les quatre faces du lanternon qui couronne l'ensemble présentent un décor de réseau losangé. Des arcs à festons et un encadrement de céramique verte terminent le tout. La mosquée d’Agadir avait formé grâce à  d’illustres enseignants des élèves sur plusieurs générations qui avaient à jouer un rôle décisif dans l’évolution du Maghreb. On les imagine s'incliner pour entrer modestement dans les entrailles de la Majestueuse Mosquée dans des salles d'études à travers de petites portes similaire à celle qui sert d'accès au minaret et aux escaliers permettant d'accéder aux plus haut sommet de Tlemcen:

Le plus illustre d’entre eux est venu de M’sila, après avoir résidé à Tripoli, il s’agit d’Abou Djafer Ben Nasr Ed-Daoudi. La mosquée d’Agadir eut pour élève le prestigieux Abdelmoumen Ibnou Ali et ses compagnons de classe regrettèrent par la suite de l’avoir désigné pour aller vers Béjaïa prendre contact avec un savant qui faisait tant parler de lui à cette époque.
C’est que ce savant attendait cet élève impétueux pour mettre en oeuvre le projet le plus cher dans la conscience maghrébine, réaliser un État unifié.

lundi 27 août 2012

Mosaïque de céramique (Tlemcen – XIVe siècle).

Cette mosaïque est faite de panneaux de marqueterie de céramique entrelacées géométriquement et faisant apparaitre des formes de fleurs provenant de la médersa Tachfiniya (Tlemcen, 720 de l'hégire – 1318 ap. J.-C).
Le schéma est réalisé avec des morceaux vernissés de tons différents découpés suivant un dessin et encastrés les uns dans les autres. Ces morceaux sont préalablement moulés, cuits, puis émaillés et recuits.
Ils sont, ensuite, assemblés et liés entre eux avec un mortier de sable et de chaux que l’on fixe sur la paroi à décorer par des broches d'os ou de bois scellées dans les joints.
La marqueterie de céramique sert à décorer des minarets, des lambris et pavages de Valence de la médersa Tachfinya ou d'autres édifices religieux. Les couleurs les plus utilisées sont le vert, le jaune et le brun de manganèse.
- Timbre émis en 1999 et dédié aux traditions et héritages en Algérie.







L'unité de monnaie officielle en Algérie est le DINAR, mais qui n'est jamais utilisé dans notre vocabulaire, on préfère dire DOURO ou ne dire que la valeur en FRANQUE ( frenk = 1 centime) , si l'origine du mot franc est connue , celle du  "douro" prononcé "Dou-ro" l'est un peu moins.
Son origine nous vient de la piastre forte d’Espagne, qui est de cinq francs quarante centimes.
Au pluriel . Des douros. En Espagne, le mot  "duro", veut dire dur, solide ; et peso duro, poids d'argent d'une once, d'oduro, monnaie d'argent du poids d'une once.
Le mot de Dou-rou nous ai venu après avec la colonisation d'Oran.

L'ancienne monnaie espagnole s'appelait le Peso Duro (poids dur, c'est à dire en métal). En Amérique ils ont abrégé en Peso, et en Europe ils ont abrégé en Duro. Cette monnaie en argent était internationale (comme le dollar aujourd'hui) ce qui explique sa popularité des Etats-Unis jusqu'en Afrique du Nord. En Autriche-Hongrie, colonie espagnole, il s'appelait le Taller et sa prononciation est devenue Dollar par les immigrés germaniques partis en Amérique du Nord.
Le logo était S comme Spania (en latin) et les 2 colonnes d'Hercules (le détroit de Gibraltar), ce qui donne "S II". En écrivant vite, le "S" c'est retrouvé au milieu du "II" se qui devint $.

Espagnol, c'est d'abord utilisé dans l'Oranais( colonisée par l' Espagne) ensuite dans tous le pays !!!

Le Sordi "سوردي" sur ce billet, est l'équivalent de 5 centimes. Mais prononcé par nos grand parents "Soldi", pour désigner ce qui n'avait pas de valeur:  ca coute 2 soldis, et le "R" de Sordi était prononcé "L" dont le pluriel est "Swalda" au lieu de éSwarda"

L'origine du mot "soldi" ou "sordi" pluriel "souared" est le "solidus". Le Solidus est à l'origine la monnaie romaine. c'était une pièce d'or d'environ 18gr .Il était subdivisé en 170 follis (d'où le deuxième terme "flous" Cette monnaie, frappée par l'empereur Dioclétien, était utilisée jusqu'au 5ème siècle Après JC. 
Le Silidus est bien l'origine du mot Soldi galvaudé à travers les siècles en Afrique du nord (et jusqu'à ce jour il est encore utilisé dans l'espression populaire "ma aandich soldi" qui veut dire "je n'ai pas un sou" ou "Rani mazlout" par référence au Zloti, ou bien "Ma aandich frenk". Le Dinar n'est pas encore entré dans le langage misérable.
Heureusement?  
"sordi" ou soldi, ce n'est qu'une question de langage. cela veut dire lamême chose.
Le Solidus était effectivement en or, mais c'était la monnaie courante. L'inflation n'existait pas encore.

L’apparition du rial en Algérie était en 1829 lorsque les autorités ont émis trois pièces en argent et le fameux Budju devient Tugrali-rial (10 g en argent). 1 Rial = 1Budju.
L’histoire de la monnaie en Algérie entre la période 1518-1848 est un sujet de recherche intéressant.

Si vous entendez :
Fels = monnaie en cuivre.
Budju= monnaie en argent.
Sultani =monnaie en or.



Dans le parler arabe algérien, le “Doro” ou “Dourou” est une appellation usuelle et non officielle permettant de désigner plusieurs pièces de monnaie. En effet, on dira “doro” دورو pour la pièce de 5 centimes, 10 doro (âchra doro عشرة دورو) pour celle de 50 centimes – aujourd’hui disparues suite à la forte dévaluation des années 1990 – 20 doro (âchrine doro عشرين دورو) pour un dinar, 100 doro (mya doro مية دورو) pour cinq dinars…
Vous trouverez également dans le parler marocain le même terme pour désigner les subdivisions et multiples de la devise marocaine le Dirham. Ainsi, 5 centimes de Dirham se prononcera doro, 1 Dirham 20 doro…
L’origine du mot “Doro” parait bien énigmatique, mais pourrait bien être issu d’une autre appellation usuelle.
Le Doro donc, proviendrait du “Duro”, appellation populaire, usuelle et informelle de la pièce espagnole de 5 pesetas. Ainsi, la pièce de 25 pesetas était appelée 5 Duros et la pièce de 100 pesetas 20 Duros…
Le choix s’est porté sur le mot espagnol Duro (dur) du fait que les pièces de monnaie de faible valeur étaient faites en métal ou alliage de métaux réputés durs ; ceci par opposition aux pièces de monnaie de plus forte valeur en métal mou tel que l’or.
Pour en revenir au Doro algérien ou marocain, trois faits font penser qu’il pourrait s’agir de la bonne étymologie. Premièrement, la proximité du nom. Ensuite, le Duro désigne 5 unités d’une monnaie, la peseta du côté espagnol, centime de Dirham coté marocain et le centime de Dinar du côté algérien. Finalement, les échanges commerciaux et la migration d’une population espagnole importante en Algérie pendant le XIXe et XXe siècle (période coloniale française) et les protectorats espagnol et français pour le Maroc, correspondent à la période d’émission de la peseta en Espagne (à partir de 1868).
Pour l’Algérie, depuis 1964, l’unité monétaire est le Dinar, mais le mot Doro lui est bien antérieur. L’Algérie ayant été colonisé par la France de 1830 à 1962, c’est le franc algérien qui avait cours – de 1848 à 1964 – et dont la parité était identique au franc français. Ainsi jusqu’à l’arrivée du dinar, c’était alors la pièce de 5 francs qui se nommait Doro.
Il en est de même du franc marocain, avant d’être remplacé par le Dirham, et qui avait cours au Maroc de 1920 à 1958, et dont la pièce de 5 unités était désignée par le même vocable.

33333:
Le Douro, mot probablement d'origine sémite, de l'appellation également d'un fleuve d'Espagne s'épanchant sur le Pacifique en passant par le Portugal, avait constitué durant des siècles la monnaie centrale de la rive sud de la Méditerranée et d'ailleurs. Il valait cinq pesetas en Espagne. Chez nous, cinq anciens centimes français. En arabe, Douro cela veut dire aussi un… rond ! A ce propos, on dit encore chez nous : Imout â ladouro. : Il adore le Douro jusqu'à en mourir. Lorsque quelqu'un est volé ou trompé il dit : Ce n'est pas la perte du Douro en tant que tel qui me chagrine, mais le dessin qu'il y a dessus. Et encore : il serait raisonnable de manger - dépenser - un Douro aujourd'hui et d'en garder un autre pour les lendemains. Toujours. C'est le conseil d'un vieux Papa expérimenté à son fils dépensier.

A ce propos, il est toujours utile de noter que la chute de l'Andalousie, avec ses principautés, a été en grande partie due à l'amour effréné au Douro générateur de tous les plaisirs dépravants et, également, des discordes terroristes interminables fomentées par des officines mettant l'intérêt de l'or, combiné aux extrémismes religieux et culturels, au dessus de toutes autres considérations.